Vacance structurelle : diagnostic d’un dysfonctionnement
La vacance structurelle, à l’inverse, désigne la vacance « durable », généralement supérieure à un an ; certaines sources placent le seuil à deux ans (notamment dans le calcul de la taxe sur les logements vacants – TLV). Cette vacance longue est le signe d’une inadéquation persistante : entre l’offre, l’état du bien, son prix, son usage, et la demande potentielle. Elle génère un vrai « gaspillage résidentiel », alors que des ménages cherchent à se loger.
Origines multiples de la vacance structurelle
- État de dégradation : logement insalubre, non conforme, ou nécessitant des travaux lourds que le propriétaire ne réalise pas (manque de moyens, rentabilité insuffisante…).
- Localisation : logement situé dans une zone déprise, rurale ou périurbaine, où l’exode et la baisse démographique rendent la remise sur le marché difficile (INSEE, 2022).
- Blocages juridiques : successions en indivision complexe, procédure judiciaire (saisie, expulsion…), litiges entre héritiers.
- Désintérêt des propriétaires, parfois pour éviter la fiscalité ou faute d’information sur les aides à la rénovation.
Selon le Ministère de la Transition Écologique (2023), environ 1,1 à 1,2 million de logements étaient vacants de façon structurelle en France métropolitaine en 2022. Ce chiffre progresse sensiblement depuis 20 ans. La vacance structurelle concerne particulièrement :
- Les centres de petites villes en décroissance démographique ;
- Les logements anciens à très bas niveau de performance énergétique (étiquette F ou G du DPE), jugés « passoires thermiques » ;
- Certains quartiers en mutation ou dévitalisés.
Vacance structurelle et territoire : une géographie contrastée
La vacance structurelle n’est pas homogène. D’après l’INSEE, 70 % des logements vacants depuis plus de deux ans sont situés hors des principales zones tendues. Par exemple :
| Zone | Taux de vacance totale | Part de structurelle (estimée) |
| Couronne parisienne | Environ 5 % | Moins de 1 % |
| Villes moyennes (-100 000 hab.) | 6 à 10 % | 2 à 5 % |
| Bassin minier Nord | Jusqu’à 15 % | 10 %+ |
| Zones rurales fragiles | 12 à 16 % | majoritaire |
Là où la demande résiste, la vacance est principalement temporaire. Là où les territoires perdent des ménages et de la vitalité, la vacance structurelle augmente.