Où se concentrent les taux de vacance les plus élevés ?
La vacance n’est pas un phénomène uniforme. Elle résulte d’un faisceau de facteurs – économiques, démographiques, patrimoniaux – et forme une véritable géographie de l’inoccupation.
Des villes moyennes et territoires en déclin industriel
On retrouve les niveaux de vacance les plus élevés dans des anciennes régions industrielles et dans de nombreuses villes moyennes. L’Insee estime ainsi que dans la Meuse, la Haute-Marne ou les Ardennes, plus de 11% du parc résidentiel est vacant. Certains cœurs de villes moyennes dépassent même les 15% (Saint-Dizier, Chalon-sur-Saône, Montluçon).
- À Béziers, le taux de vacance frôle 13% en 2021 (source : Rapport sur la vacance des logements en France, Observatoire des territoires).
- Dans la Nièvre, la vacance concerne 14,4% des logements en 2020 (INSEE).
- Saint-Etienne, la plus grande aire urbaine de France avec une faible attractivité, reste aussi marquée par plus de 10% de logements vacants.
Ces territoires cumulent souvent vieillissement démographique, exode des jeunes, désindustrialisation et attractivité décroissante. Les logements dégradés, hérités d’un parc ancien, accentuent la difficulté à trouver preneur. À ces causes s’ajoute la faiblesse de la demande, qui rend la remise sur le marché peu rentable.
Les espaces ruraux en marge
En dehors des petites villes, de nombreux territoires ruraux connaissent également des niveaux élevés de vacance. En Creuse, dans certains cantons de l’Allier ou du Cantal, elle atteint ou dépasse les 10%. Le parc rural, souvent constitué de maisons anciennes, souffre du vieillissement des propriétaires, d’un manque d’entretien, mais aussi de la faible attractivité pour de nouveaux arrivants, même depuis la « ruée vers la campagne » post-Covid – qui a surtout bénéficié aux zones périurbaines dynamiques.
Dynamique différente dans les stations touristiques
À l’inverse, certains territoires affichent des « taux de vacance » élevés, mais cela reflète parfois autre chose : une importante part de résidences secondaires, temporairement inoccupées. C’est le cas dans les Alpes, sur la Côte Atlantique, ou le littoral méditerranéen, où la part de logements « vacants » (au sens de l’Insee) peut dépasser 15% mais recouvre une réalité très différente de celle de la vacance dans les zones en difficulté. À noter : la vacance « frictionnelle » tend à y augmenter, car les biens changent souvent d’usage – location saisonnière, usage ponctuel, vente.