Mauvaise distribution des pièces : un enjeu moins visible, mais aussi structurant
Alors que le surpeuplement fait l’objet de mesures précises, la “mauvaise distribution des pièces” relève d’une lecture plus qualitative, très liée à la structure même du logement. Il s’agit de situations où, même avec le bon nombre de mètres carrés ou de pièces, le mode de répartition interne ne permet pas un usage adapté aux besoins : pièce commune mal placée, cuisines enclavées, absence de lieux d’intimité, enfilade de pièces impossible à isoler, etc.
- Chambres donnant directement sur la pièce de vie sans couloir ni séparation
- Absence de véritables espaces de télétravail ou d’étude, révélée/critiquée pendant la période Covid
- Logements “traversants” mais sans séparation nette nuit/jour
- Coin nuit enclavé, sans lumière naturelle
Ces défauts d’agencement sont particulièrement visibles dans le parc ancien, mais touchent aussi une partie de la production neuve, notamment dans les métropoles où la densification a parfois mené à des concessions sur la qualité d’usage.
Or, la loi française encadre très peu la question de la distribution : le critère officiel tient au nombre de pièces, à la surface et à la salubrité, mais non à la qualité des plans. Le rapport de la Fondation Abbé Pierre 2024 souligne ainsi qu’« en ville dense, la distribution intérieure devient elle-même un facteur d’inconfort et de stress, qui ne se voit pas dans les chiffres de surpeuplement » (FAP, 2024).