La réalité du surpeuplement : état des lieux dans la capitale
Le mot « surpeuplement » est devenu indissociable de nombre d’appartements parisiens. Cette pression sur les surfaces est loin d’être anecdotique : 26,3 % des ménages à Paris vivaient en situation de surpeuplement en 2020 (source : Insee, 2022). Dans les quartiers populaires, le taux dépasse parfois les 40 %. À l’échelle de l’Île-de-France, on compte près de 510 000 ménages surpeuplés en 2022 selon la Fondation Abbé Pierre.
La configuration des logements accentue ce phénomène. À Paris, la taille moyenne d’un T2 est de 34,5 m², celle d’un T3 à peine supérieure à 55 m². Le modèle du « petit chez soi » s’accommode mal de la hausse du prix au mètre carré (+23% entre 2015 et 2022 selon les Notaires de Paris) et de la précarisation des parcours résidentiels.
Le surpeuplement affecte d’abord les familles : le taux de surpeuplement atteint 47% pour les ménages avec enfants vivant dans des logements sociaux parisiens (source : RIVP, 2022). Mais le phénomène touche aussi les jeunes actifs en colocation, les couples séparés et, depuis la crise sanitaire, les télétravailleurs mal logés. Ce n’est plus seulement une question de surface, mais de mode de vie, d’inégalités et d’accès à l’autonomie résidentielle.