Derrière la règle, des effets concrets et inégaux sur les territoires
En pratique, l’application de l’interdiction révèle des tensions fortes entre, d’un côté, l’objectif écologique — lutter contre les émissions du secteur résidentiel (qui représentent 18% des émissions nationales de CO₂ selon le Ceren) — et, de l’autre, la réalité d’un parc de logement ancien, particulièrement dans les centres-villes ou la ruralité.
La concentration des passoires thermiques est manifeste dans certaines régions : la Creuse, l’Allier ou la Meuse comptent plus de 25% de leur parc classé F ou G, contre moins de 10% dans les espaces densément urbanisés de l’ouest parisien (source : SDES, 2022). Ainsi, la pression des sanctions, perceptibles dans toute la France, frappe plus durement les propriétaires à faibles revenus, incapables de financer la rénovation malgré les aides publiques (MaPrimeRénov’, Programmes Anah).
Une étude de l’Anil d’avril 2024 montre qu’un logement F ou G perd en moyenne 17% de valeur à la revente depuis la mise en place du nouveau DPE, un phénomène qui accentue la polarisation sociale de certains quartiers populaires. Ce déplacement des sanctions du seul cadre juridique vers les réalités économiques et urbaines est une tendance forte.