Enquêtes et statistiques sur les conditions de vie des séniors. Où en est la France en 2020 ?

31/07/2021

L’enquête logement offre la possibilité aux pouvoirs publics d'obtenir un rapport précis sur les conditions de vie des séniors. Obligatoire, menée tous les 4 à 6 ans par l'INSEE, cette étude évalue de manière précise les conditions de logement des plus de 60 ans. Elle permet également de vérifier si les actions publiques menées par les acteurs du secteur médico-social et l'État sont bénéfiques pour leur quotidien. Les ressources, l'état de santé et les aides reçues par les personnes âgées sont mieux connues des services publics. Que révèle l'enquête logement (ENL) 2020 sur nos aînés ? Les plus de 60 ans sont-ils en difficultés ou vivent-ils pleinement leur retraite en France ?
Séniors : des inégalités réparties sur le territoire français

Les séniors vivent davantage seuls, inégalement répartis sur le territoire

Les séniors vivent davantage seuls. Inégalement répartis sur le territoire, c’est en région Île-de-France que les plus de 60 ans sont les plus isolés. Viennent ensuite le Nord et l'Est de la France. Le veuvage constitue la majorité des situations dans le grand âge. Le décès du conjoint laisse, en plus de la peine, une situation de grande précarité, des tracasseries administratives ainsi qu'une insécurité financière qui favorise un repli sur soi. La pauvreté des retraités se retrouve principalement chez les personnes âgées de plus de 75 ans. Elle concerne 10 % des retraités vivant seuls. Elle est significative d'une baisse des activités (loisirs notamment). Seules les personnes âgées ayant accédé à la propriété s'en sortent. Propriétaires, elles ont bien souvent du mal à adapter leur logement à leur vieillissement. Problème d'accès, installation de sanitaires adaptés, précarité énergétique. Les deux tiers des personnes âgées sans conjoint vivent dans un logement construit avant 1970. Autres données qui ressortent principalement : après 65 ans, la dégradation de la santé se traduit surtout par le cumul de maladies. Celles-ci se transforment en ALD, ce qui entraînent des soins à domicile conséquents. Ce sont les personnes les plus âgées qui bénéficient d'une meilleure prise en charge par la CPAM de ces ALD. Autres données : 17 % des 85 ans ont un état de santé mentale dégradée et le vieillissement de la population entraîne une hausse des dépenses de santé.
Des EHPAD en nombres insuffisants d’ici à 2030

Plus de 100 000 seniors seraient attendus en EHPAD d’ici à 2030

En 2030, la population française sera composée de 21 millions de séniors de plus de 60 ans, soit 3 millions de plus qu’en 2019. Selon la DREES et LIVIA (Lieux de Vie et Autonomie), la France ne peut pas conserver ses pratiques actuelles en matière d'hébergement des personnes âgées en établissement médicalisé. En effet, les statistiques supposeraient d'accueillir 108 000 résidents en EHPAD entre 2020 et 2030, puis 211 000 admissions entre 2030 et 2050. Le territoire national français devrait répondre à une demande future de 611 000 places en EHPAD en l'espace de 30 ans. Les chiffres donnent le tournis. C'est pourquoi, la politique des pouvoirs publics tente de favoriser au maximum le maintien à domicile pour limiter les places en Ehpad. Ces établissements doivent être réservés pour les personnes les plus dépendantes ou atteintes de la maladie d'Alzheimer notamment. Les politiques actuelles plébiscitent des formes d’habitat "nouvelles" pour les séniors : les résidences services ou villages séniors, logements intermédiaires entre les logements ordinaires et les établissements médicalisés. Le nombre de personnes en résidence autonomie, qui s’élève actuellement à un peu plus de 100 000, devrait alors être multiplié par 1,5 à 2,5 d'ici 2030. De quoi réjouir les séniors autonomes en attente de logement ou bientôt en âge de partir à la retraite.
L’EHPAD, dernier lieu de vie pour un quart des décès annuels en France

Vivre le plus longtemps chez soi ou en résidences services séniors

Pour les plus de 60 ans, le logement est envisagé comme une priorité. Tous expriment le désir de demeurer à domicile le plus longtemps possible, et ce, jusqu'à la fin de leurs jours. Sans graves problèmes de santé, les résidences services séniors sont une solution. Très demandées par les plus de 60 ans, l'État priorise la construction de nouvelles résidences services partout en France. Véritables alternatives à l'EHPAD, elles permettent un maintien à domicile et offrent des perspectives rassurantes tant pour les proches que pour les personnes concernées. Ces nouvelles structures sont accueillantes, modernes et proposent tous les services que demandent les plus de 60 ans : soins à domicile, gardiennage, télésurveillance, admission des animaux de compagnie, services de télémédecine, appartement confortables et aux normes HQE et PMR. De plus, ces résidences sont proches des centres-villes, dites dynamiques grâce à leurs salles de sport, salon de coiffure ou restaurants. Elles répondent parfaitement à la demande du quatrième âge, connecté et mobile. L’accessibilité des services publics et des commerces joue un rôle décisif dans le choix de l'établissement. Celui-ci offrant la possibilité de rester chez soi le plus longtemps possible.

L’EHPAD, dernier lieu de vie pour un quart des décès annuels en France

En 2015, l'enquête de la DREES et de l’Insee rapportent que 150 000 personnes résidant en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) sont décédées, soit un quart des décès annuels en France. Les femmes, dont l’espérance de vie atteint 85,3 ans et 79,2 ans pour les hommes (source Insee) sont plus nombreuses à vivre en EHPAD. Les résidents décèdent à l'âge de 89 ans en moyenne. La durée moyenne d'un séjour en EHPAD est de trois ans et quatre mois. Les sources sont de 2015, car les chiffres de 2020 ont fortement augmentés en raison de l'épidémie de la COVID-19. En date du 03 décembre 2020, 22 000 personnes qui étaient hébergées dans ce type d’établissements pour personnes âgées dépendantes sont mortes depuis le début de la crise sanitaire.
Le vieillissement de la population et l'amélioration de l'hébergement des séniors d’ici à 2050 restent une priorité nationale à résoudre. Les rapports et enquêtes statistiques menées par l'INSEE et la DREES éclairent les pouvoirs publics sur les conditions de vie des personnes âgées et permettent de prioriser les objectifs dans le futur proche. Ces analyses permettent de mieux répondre aux besoins des plus de 60 ans. Cependant, il est difficile pour les politiques publiques, que ce soit au niveau national ou au niveau territorial, de satisfaire tout le monde et de tout prévoir comme en témoigne l'arrivée soudaine et inattendue de la crise sanitaire de la Covid-19. Les disparités existent. Bien vivre sa retraite n'est pas perçu par tout le monde de la même manière.

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