Le béton, toujours dominant mais sous pression
Brique, acier ou pierre restent actifs, mais il suffit d’un rapide tour sur les chantiers pour le constater : le béton demeure le pivot de la construction neuve, surtout dans le collectif. Selon la Fédération Française du Bâtiment (FFB), plus de 80 % des bâtiments résidentiels neufs achevés en France chaque année utilisent majoritairement du béton pour leur structure porteuse (2023). Ce constat recoupe les résultats de l’observatoire PREBAT, qui pointe aussi la quasi-hégémonie du béton dans le logement social.
Sa robustesse, sa facilité de mise en œuvre, sa résistance au feu et ses coûts maîtrisés expliquent cette prédominance. Le béton réunit aussi une filière industrielle colonisée par de grands groupes (Lafarge, Vicat…), capables de répondre à des commandes massives et standardisées.
Mais ce modèle de construction fait face à de nouvelles contraintes. La RE2020, opérationnelle depuis janvier 2022, impose de réduire drastiquement l’empreinte carbone du bâtiment neuf, notamment en privilégiant des matériaux à faible impact environnemental. Or, la fabrication du ciment – composant clé du béton – représente à elle seule près de 7 % des émissions mondiales de CO (Agence Internationale de l’Énergie). Face à ce défi, le maintien du primat béton s’accompagne de deux évolutions notables :
- Le développement de bétons dits « bas carbone », intégrant des ajouts cimentaires ou des sous-produits industriels (laitier, cendres volantes), qui permettent d’abaisser jusqu’à 30 % les émissions associées à une structure classique (CSTB, 2023).
- L’essor de solutions hybrides où béton et matériaux biosourcés se combinent, à l’image des planchers mixtes bois-béton.
Toutefois, la transition demeure freinée par la disponibilité, la logistique et le surcoût associé à beaucoup de bétons moins carbonés. En 2023, selon Efficacity, moins de 20 % des logements neufs intégraient une part significative de béton « bas carbone ».