Quelle place statistique dans l’offre résidentielle ?
Habitat léger et mobile : des effectifs modestes, une visibilité croissante
En 2019, on comptait en France environ 103 000 ménages vivant « dans un habitat mobile ou léger » (hors gens du voyage inscrits en aire d’accueil), soit moins de 0,3 % des ménages (DREES, 2021). Parmi eux, la « vague tiny house » ou la médiatisation du container ne représente que quelques milliers d’unités, mais leur part progresse : +12 % de ménages dans des « habitats non conventionnels » entre 2013 et 2019 (INSEE, ENL).
Colocations, coliving et formes d’habitat partagé
Les logements collectifs non familiaux font quant à eux une percée visible. Ainsi, en 2020, 566 000 jeunes vivaient en colocation (soit 1,6 % des ménages), un chiffre qui a doublé en dix ans (Céreq, 2022). S’ajoutent les offres de « coliving » (all inclusive, meublé, services mutualisés) : estimées à un parc de 8 000 à 10 000 unités (source : Le Monde, 2023), elles restent marginales mais leur progression annuelle dépasse 20 % selon la Fédération des Acteurs du Coliving.
- Les colocations intergénérationnelles, tout comme l’habitat participatif senior, restent encore confidentielles : moins de 5 000 binômes actifs en 2023 (source : CoSI, l’un des principaux réseaux de colocation intergénérationnelle).
- L’habitat participatif, qui ambitionnait le développement rapide après la Loi ALUR (2014), plafonne selon la Coordination Nationale à un parc de 850 projets livrés, représentant 10 000 logements sur tout le territoire.
Habitat transformé, détourné, ou précaire : des formes invisibles dans la statistique
La diversité des logements atypiques défiant la classification est grande : squats organisés (parfois tolérés et réhabilités), logements dans des friches industrielles, péniches hors navigation… Ces situations échappent quasiment toutes à la statistique officielle. L’Observatoire national de la précarité énergétique estime que 600 000 personnes vivent dans des situations d’occupation informelle ou précaire (sous-locations, hôtels meublés, etc.), parfois dans des espaces initialement non destinés à l’habitation.