Perspectives : vers une fiscalité plus fine et plus territorialisée ?
Plusieurs tendances s’amorcent pour les prochaines années. Les associations d’élus plaidant pour une meilleure adaptation des dispositifs : généralisation de la TLV à toutes les communes le souhaitant (loi de finances 2024), création de paliers intermédiaires selon la durée de vacance, exonérations renforcées pour les situations sociales à risque, et compatibilité totale avec les aides à la rénovation énergétique.
À l’horizon 2025, le gouvernement via la mission « Logements vacants » du plan Logement (2023-2027), vise à réduire d’au moins 100 000 le nombre de logements vacants « mobilisables ». Plusieurs territoires expérimentaux (Aix-Marseille, Grenoble, Limoges) couplent désormais la fiscalité punitive à un accompagnement renforcé : diagnostics gratuits, ingénierie juridique, portage temporaire par les organismes publics, prêts à taux zéro pour la rénovation des logements vacants.
La fiscalité n’est donc qu’un outil parmi d’autres. Mais elle agit dorénavant comme révélateur d’enjeux plus larges : attractivité territoriale, fracture résidentielle, vieillissement du parc, montée des exigences écologiques, place des petits propriétaires individuels dans la ville de demain.
S’il faut retenir la leçon des cinq dernières années, c’est peut-être que la fiscalité sur les logements vacants, loin d’être un simple levier budgétaire, constitue avant tout un catalyseur des arbitrages, entre droit de propriété et droit à la ville, entre valorisation patrimoniale et exigence d’habitat pour tous.
Pour aller plus loin :
- Rapport 2021 de la Cour des comptes : ccomptes.fr
- Liste actualisée des communes soumises à la TLV : impots.gouv.fr
- Rapport du député Lionel Causse (2022) « Réduire la vacance de logements dans un contexte de crise »
- ANIL - Observatoire de la vacance et des mobilités résidentielles