Des politiques à l’épreuve des réalités : dispositifs, rythmes et effets d’annonce
Le cap a été donné : massifier la rénovation énergétique, avec des objectifs parfois jugés irréalistes. Le gouvernement vise la rénovation de 500 000 logements par an. Or, selon la Cour des comptes, seules 60 000 rénovations qualifiées de « performantes » ont été atteintes en 2022, contre 2,1 millions de gestes de rénovation unitaires (changement de fenêtres, isolation partielle, etc.), souvent insuffisants pour sortir un logement de la catégorie F ou G.
Les outils mobilisés ces dernières années sont nombreux :
- MaPrimeRénov’ : 1,4 million de dossiers acceptés entre 2020 et 2023 (ANAH), mais 80 % relèvent d’actions « mono-geste ».
- Obligation de rénovation pour mise en location des logements F et G à horizon 2025-2028.
- Évolutions du DPE en 2021, rendant le critère énergétique déterminant pour la circulation des biens immobiliers.
Cette stratégie d’incitation ou de contrainte se heurte à plusieurs paradoxes : la complexité administrative, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, la hausse du coût des matériaux. Par exemple, depuis 2022, le prix de certains matériaux d’isolation a progressé de 20 % (source : Fédération Française du Bâtiment).