Agir sur la fiscalité : le bâton comme le levier central
L’approche fiscale a été historiquement la première réponse institutionnelle à la vacance, avec une double stratégie : majorer la pression sur les propriétaires de logements vacants d’une part, et réduire leur fiscalité en cas de remise sur le marché d’autre part.
La taxe sur les logements vacants (TLV)
Créée en 1998, la TLV cible dès 2024 près de 3 400 communes en zone tendue (contre 1 140 avant la réforme de la loi de finances pour 2023). Le principe : taxer les propriétaires dont le logement est vide depuis au moins un an, dès lors qu’il s’agit d’une zone où la tension immobilière est avérée. Le taux est progressif (12,5 % la première année, 25 % les suivantes du montant estimé du loyer annuel potentiel). Selon la réponse du Sénat – juillet 2023, 140 000 logements sont concernés chaque année, mais le montant total collecté reste faible (moins de 50 millions d’euros par an).
Un apport marginal, mais la TLV signale la volonté de pénaliser la rétention immobilière. L’extension géographique à la faveur du « choc d’offre » voulu par le gouvernement Borne clarifie la pression exercée sur les propriétaires récalcitrants.
La taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV)
Distincte de la TLV, la THLV permet à toutes les communes de plus de 50 000 habitants non couvertes par la TLV d’instaurer leur propre majoration de la taxe d’habitation sur les logements vacants (article 1407 ter du Code général des impôts). Le taux est moins élevé, mais la portée plus large—un outil souple pour adapter la politique à l’échelle communale.