Perspective historique et évolutions récentes (2020-2025)
Alors que la France connaissait depuis les années 1980 une progression régulière du nombre de résidences secondaires, la période post-2020 marque un tournant avec l’emprise grandissante des locations touristiques de courte durée. Si la crise sanitaire de la Covid-19 a, un temps, favorisé les achats de résidences secondaires (hausse de +4,7 % en 2021 selon l’Insee), c’est surtout l’irruption des plateformes numériques qui transforme durablement les usages : Paris a ainsi perdu 20 000 logements disponibles à la location longue durée entre 2015 et 2022 d’après la mairie.
Par ailleurs, près de 15 % des logements à Paris intra-muros sont aujourd’hui des résidences secondaires ou des meublés touristiques (rapport de la Cour des comptes, 2023). Face à la crise du logement et à « l’artificialisation » de pans entiers du parc résidentiel, de plus en plus de villes élaborent de nouveaux règlements (moratoire à Nice, quotas à Saint-Malo, interdiction totale partielle sur la Côte basque).
Ce mouvement pose la question de l’équilibre entre attractivité touristique, vitalité résidentielle et égalité d’accès au logement – trois enjeux aujourd’hui centraux dans le débat public, alors que s’annoncent de possibles réformes de la fiscalité, des quotas, voire des interdictions ciblées.