Urbanisation, crise du logement et montée de la colocation
Depuis 2020, le paysage urbain français connaît une double évolution : densification accrue des métropoles et obstacles grandissants à l’accès au logement autonome. Dans ce contexte, la colocation n’est plus l’apanage des étudiants : elle touche désormais jeunes actifs, familles monoparentales et travailleurs précaires. En 2023, selon LocService, la part des demandeurs de colocation ayant plus de 30 ans atteint 34%, contre 19% en 2018. Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Nantes et Toulouse figurent en tête des métropoles où la pression immobilière alimente cette tendance.
Mais derrière l’expansion de la colocation en zone urbaine dense se cache un risque majeur : le surpeuplement, c’est-à-dire la cohabitation de trop de personnes dans un espace inadapté, source de tensions et de dégradation des conditions de vie. Selon l’Insee, en 2020, 8% des ménages en France vivent en situation de surpeuplement, mais ce taux grimpe à 19% dans l’agglomération parisienne. Ces chiffres interpellent : comment éviter que la colocation, censée être une solution pragmatique à la crise, ne bascule dans la précarité ?